1) Quel genre d'Art-Martial est-ce l'Aikido? Est-ce que c'est une nouvelle forme de Budo? Historiquement, l'Aikido est une forme de Budo qui a été dévelopée à partir d'anciens styles de Ju-jitsu, particulièrement le Daito ryu Aikijujitsu. Les techniques ont été transmises de manière détaillée par Sokaku Takeda Sensei à Morihei Ueshiba Sensei. Reflétant la marche du temps, Ueshiba Sensei a changé le nom à plusieurs reprises: Daitoryu Aikijujitsu, Aikibujitsu, Ueshibaryu Aikibujitsu et Aikibudo, avant de finalement se décider en faveur du nom actuel, Aikido. Ainsi, beaucoup de gens pensent que l'Aikido est un Art-Martial récent, mais en réalité, les techniques d'Atemi (frappe) et de Kansetsu (articulation) ont une longue histoire dans l'ancien Ju-jitsu. 2) Quelle relation existe-t-il entre le Ju-jitsu, l'Aikido et le Judo ? Tout d'abord, l'Aikido et le Judo ont été tous les deux développés à partir d'anciens styles de Ju-jitsu. L'Aikido se base largement sur le Daito ryu Aikijujitsu. Le nom Aikido a été défini par Morihei Ueshiba après son "illumination" selon laquelle l'Aikido aurait été le résultat d'une inspiration divine (un événement connu dans le monde de l'Aikido sous le nom de "Shinjin Aiki"). Le Judo a été développé par Jigoro Kano Sensei qui a modernisé des parties du Ju-jitsu sur la base de son "Judo Genri" (Le Principe du Judo). D'un point de vue technique, l'Aikido se base sur les techniques d' Atemi (frappe) et Kansetsu (articulation), alors que le Judo se base sur les techniques de Nage (projection) et Katame (saisie). Le premier implique une certaine distance entre les adversaires alors que les dernières étaient utilisées dans des situations de saisie. 3) En général on dit qu'il n'y a pas de compétition dans l'Aikido, pourquoi y a-t-il alors de la compétition dans l'Aikido Shodokan ? Nous sommes d'avis qu'il y a une demande pour les compétitions sûres dans le but de contribuer à renforcer et développer nos techniques et de tirer le maximum de l'Aikido en tant que forme de Budo (Art Martial) en ces temps de paix, ainsi que pour entraîner le Shin (esprit), Gi (art) et Tai (corps). On dit souvent que l'Aikido est "Le Budo de l'Amitié" et pour cela il ne devrait y avoir aucune forme de compétition. Cet argument est tout-à-fait valable, puisqu'il se base sur le concept d'Aikido et de Budo très important selon lequel le combat et l'agression sont mauvais. Nous ne considérons pas le Shiai (compétition) comme une agression ou un combat contre un adversaire. En regardant de plus près, le mot "Shiai" (en caractères Kanji japonais) se compose de deux parties. La première, "Shi" signifie "tester" et la deuxième "Ai" signifie "ensemble avec quelqu'un". Ainsi, nous considérons le Shiai comme une bonne occasion pour se tester nous-mêmes tout en travaillant ensemble et comme une aide utile pour étudier notre "Waza" (art) et notre "Do" (voie). Nous considérons qu'il y a une demande pour une pratique sûre du Randori Shiai (en insistant sur la sécurité) de sorte que nous puissions pratiquer nos techniques avec quelqu'un qui a la libre volonté de résister. Nous considérons que l'entraînement du Kata et du Randori sont complémentaires. Au début, les techniques doivent être étudiées à fond dans une situation de Kata afin de se familiariser avec les bases de la technique. Ensuite, nous sommes d'avis que les techniques doivent être pratiquées dans une situation de Randori, dans le but de rendre plus efficace et d'ajouter du réalisme à cette technique. Après quoi les connaissances ainsi acquises devraient être réintroduites dans notre pratique du Kata de sorte que les bienfaits de l'entraînement du Randori se reflète dans nos Katas. Nous pensons que ceci est très important dans l'Aikido Shodokan. Bien sûr, nous ne pensons pas que tout le monde doit immédiatement être précipité dans le Shiai. Nous insistons sur la sécurité comme première priorité. Le type de Keiko (pratique) et le type de Randori que vous exercez doit être adapté pour correspondre à votre âge, condition physique et niveau. Dans l'Aikido Shodokan, nous avons le meilleur des deux. 4) Si l'Aikido n'est plus considéré que comme un sport quelconque, beaucoup d'aspects positifs de l'ancien Ju-jitsu ne risquent-ils pas d'être perdus ? Si l'on examine cette question de près, on peut voir qu'il y a deux aspects impliqués. Le premier est qu'en pratiquant l'Aikido comme un sport, juste pour le plaisir, sa signification comme un Art-Martial véritablement sérieux a été perdue. Cela suggère que l'Aikido en tant que sport a perdu l'essence du "Shinkenshobu". La définition originale de "Shinkenshobu" est un combat au sabre avec des lames aiguisées (il faut comprendre: "une situation réellement dangereuse avec la mort comme résultat, ou une grave blessure"). "Shinken" comporte la notion de "sérieux" et "Shobu" signifie "compétition" en Japonais moderne. Le sérieux est évidemment une qualité désirable dans l'éducation. Le deuxième aspect est que la transformation de l'Aikido en une sorte de sport de compétition a eu pour conséquence que les techniques plus dangereuses, et par conséquent les plus effectives ont du être laissées de côté. Par rapport à ces éléments, on peut dire les choses suivantes: Tout d'abord, il faut rappeler qu'on pratique le Kata, où les techniques réellement dangereuses peuvent être exécutées, de même que le Randori. Si l'on pense au Shinken, on s'aperçoit qu'il existe en réalité deux types de Shinken (sérieux): Shinken du style et Shinken de l'attitude. Sur les champs de bataille de l'époque, ces deux étaient inséparables. Aujourd'hui, il est important de faire une distinction. On considère que le "Shinken du style" dont il était question s'obtient au mieux par une pratique consciencieuse et diligente du Kata. Le "Shinken de l'attitude" signifie le sérieux d'esprit qui est de mise afin de gagner un combat et s'obtient idéalement par une pratique assidue du Kyogi (tout en admettant que le Shinken du style peut être difficle dans le Kyogi). C'est pourquoi nous pratiquons le Kata et le Kyogi dans l'Aikido Shodokan. Les deux types d'entraînement se complètent mutuellement. 5) N'est-il pas suffisant de pratiquer le Kata ? La tradition veut qu'il existait quelque 2'884 techniques d'Aikijujitsu. Non seulement il y avait une grande abondance de techniques, mais chaque prise avait encore d'innombrables variantes selon la situation: le lieu où le combat se déroule, de quel genre et de combien d'adversaires il s'agit. Ces nombreuses techniques ont été classifiées dans des groupes principaux, et ensuite les 17 techniques de base du Randori ont été développées pour représenter ces groupes. Ainsi la pratique du Randori implique l'utilisation libre de ces 17 techniques. En pratiquant les combats Randori, on peut développer l'endurance, le tempérament, le courage tout en affinant les techniques. La critique selon laquelle le système du Randori Shiai aurait perdu une partie de son efficacité d'autodéfense provient du fait que beaucoup de techniques d'autodéfense très efficaces n'ont pas été incluses dans les 17 techniques de base du Randori. Des techniques qui reflètent une variété de situations: en position assise, contre un adversaire armé, contre plusieurs adversaires, contre une attaque de l'arrière, etc. La grande abondance de techniques pour gérer ces situations est acquise au mieux par la pratique du Kata. Des personnes sensées admettront sans doute qu'il est difficile de développer le côté pratique des techniques juste en pratiquant le Kata. Se battre dans une compétition est une méthode rapide pour améliorer le côté réel des techniques, parce que dans un combat Shiai, l'adversaire peut réagir librement et n'est pas contraint de réagir d'une manière prédéfinie, comme dans le Kata. Ainsi, en pratiquant le Randori, on peut rapidement se rendre compte si sa technique est efficace ou non. En conclusion, il est tout-à-fait important d'étudier le Kata, au même titre que le Randori. Dans l'Aikido Shodokan, il existe un système combiné pratique du Kata et du Randori. Aucun des deux est plus important que l'autre, et les pratiquants peuvent ajuster leur style d'entraînement selon leur âge, condition physique, aptitude, etc. 6) Est-ce que les débutants et les membres âgés peuvent aussi pratiquer le Randori ? Tout d'abord, "Randori" ne signifie pas "Shiai" (match ou jeu). Le nom original pour Randori était Midaregeiko. Le "Ran" dans le mot "Randori" est le même caractère Kanji japonais que le "Midare" dans "Midaregeiko". La pratique n'est absolument pas simple et ne doit pas être entamée à la légère. Ceux qui ne veulent pas participer dans des Shiai (compétitions) peuvent tout de même approfondir les techniques qu'ils ont apprises en Kata par la pratique du Randorigeiko. Il existe trois niveaux de Randorigeiko, parmi lesquels on peut chiosir selon son niveau, son âge, sa condition physique, etc. Kakarigeiko Dans le Kakarigeiko, les techniques des Katas pratiqués tous les jours sont mises en pratique. Il y a toujours un Tori et un Uke. Tori peut appliquer des prises dans un ordre quelconque, comme il les trouve appropriées pour répliquer les attaques symboliques de Uke. Il n'a pas besoin de maintenir un ordre précis comme dans la pratique du Kata. Uke n'offre aucune résistance et doit rapidement chuter de manière adaptée à la technique de Tori. En procédant de cette façon, Tori développe son aptitude à exécuter des techniques instantanément sans réfléchir et apprend à passer librement d'un Waza à un autre sans contrainte. -
Hikitategeiko Hikitategeiko est considéré comme une évolution de Kakarigeiko. Dans Hikitategeiko, Uke ne devrait chuter uniquement pour les techniques dont il pense que Tori les a exécutées proprement et de manière efficace. Si la prise de Tori était inefficace, alors il ne devrait pas chuter, mais attendre que Tori applique une technique plus propre et efficace. De cette manière Tori doit apprendre à a) appliquer des prises plus efficaces et b) passer d'une technique à une autre immédiatement (spécialement si la première prise s'est révélée inefficace). Uke peut changer le rythme d'attaque au Tanto, y compris des feintes, et parfois varier sa réaction aux techniques de Tori. De cette manière, Uke aide Tori à progresser. -
Randorigeiko A présent il n'y a plus Tori et Uke (puisque, par définition, Uke est une personne sur laquelle Tori peut pratiquer ses techniques et qui chute après ces dernières), mais plutôt une personne qui tient un couteau en caoutchouc et une autre qui n'en a pas. La personne qui tient le Tanto (couteau) a le droit d'attaquer librement des parties du corps de l'autre, comme c'est défini dans les règles, et peut aussi résister librement contre les Waza (techniques) que l'autre essaye d'appliquer. A part d'ajouter une impression de réalisme, les aptitudes générales acquises au cours de la pratique des bases, Kakarigeiko et Hikitategeiko, sont affinées chez les deux partenaires. Ici, les "aptitudes générales" signifient Esprit, Technique et Corps. Il est important de soulever que l'Aikido n'est pas censé dépendre de la force physique de quelqu'un, mais plutôt de la posture, du timing, des déplacements, etc. Une fois que quelqu'un a été abondamment formé au Randorigeiko, il sera capable de participer dans un Randori Shiai (compétition). Il faut cependant se souvenir qu'un Randorigeiko n'est PAS la même chose qu'un Randori Shiai. Pour les personnes qui ne désirent pas participer dans des compétitions Randori, il est toujours fortement recommandé d'utiliser les trois méthodes d'entraînement ci-dessus pour tester et améliorer ses capacités.
|